Documents Articles Abbatiale Gaspi d'or 2004: Romainmôtier le mystère de la porte fantôme
Gaspi d'or 2004: Romainmôtier le mystère de la porte fantôme PDF Imprimer Email
SATURDAY, 01 Mai 2004 01:03
L'Hebdo, 29 avril 2004

QUOI? "Deux portes doivent être percées dans l'abbatiale de Romainmôtier", décrète un beau jour de novembre 2002 le Service des bâtiments, monuments et archéologie (SBMA) du canton de Vaud. "Pour recréer le parcours originel entre l'église et le cloître". Problème, un orgue ancien se trouve sur cet ancien parcours. "Peu importe, les portes seront fermées la plupart du temps, il s'agit seulement de figurer virtuellement la circulation des moines de l'époque". Refus tout net du permis de construire par la municipalité. Recours de l'Etat au tribunal administratif. Engagement d'avocats de part et d'autre. Interpellations au Grand Conseil. Une année et demie plus tard, François Marthaler, chef du Département des infrastructures, a le courage de trancher. "Cela suffit, personne ne veut de ces portes!"

COMBIEN? Outre le travail des archéologues et des architectes ayant devisé le percement des portes à 60 000 francs, les deux parties ont payé plus de 5000 francs de frais d'avocats et gaspillé des dizaines d'heures de travail. "Quatre séances de trois heures ont réuni chacune une dizaine de fonctionnaires", déplore Pascal Lugon, syndic de Romainmôtier. A cinquante francs de l'heure, cela représente 6000 francs de salaires. Et c'est sans compter l'énergie des députés et des collaborateurs du Tribunal administratif qui ont traité le recours. "Au total, cela doit bien représenter la moitié du coût devisé du projet, soit 30 000 francs", estime Pascal Lugon.

COMMENT? Pour faire plaisir à des archéologues et réaliser une circulation toute virtuelle, ce sont donc quatre instances politiques qui sont intervenues: la Municipalité de Romainmôtier, le Département des infrastructures, le Tribunal administratif et le Grand Conseil. Au final, il n'y avait pourtant personne pour soutenir le projet: "J'ai demandé à mes services des arguments en faveur de ces portes, mais rien" indique François Marthaler. "Sans vouloir me substituer aux archéologues, j'ai dû mettre un terme à cette histoire, puisque personne n'était demandeur."

POURQUOI? "L'obstination du SBMA, qui a un peu travaillé eu roue libre, est sans doute en cause", admet François Marthaler, "mais le percement des portes figurait sur la mise à l'enquête de la rénovation, qui a coûté quelque 14 millions de francs. Certes, ce n'était pas assez clair, j'ignore moi-même si elles devaient être coloriées en bleu, rouge ou jaune pour indiquer qu'elles seraient nouvelles..."

 

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