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«Moi, Louise, 102 ans, je trotte comme un lièvre» PDF Imprimer Email
SATURDAY, 07 JUNE 2008 08:07

24 Heures 2 juin 2008

ROMAINMÔTIER
Près de 100 personnes, dont une majorité de seniors, se sont retrouvées hier à une fête contre la solitude, organisée par le Rotary Club du Milieu du Monde.

Ne lui parlez ni d’EMS ni d’Unité d’accueil temporaire. Verbe alerte, esprit vif, humour incisif, mine épanouie, cette centenaire, haute comme trois pommes, est un véritable phénomène. Louise Capt, 102 ans, la doyenne des Combiers, celle que l’on appelle là-bas affectueusement «La p’tite Louise», était la vedette de la journée organisée hier par le Ro­tary Club du Milieu du Monde, en collaboration avec Pro Senec­tute. «Un beau jour»… Ainsi était baptisée cette action, visant à rompre la solitude des aînés par le biais d’une conviviale rencon­tre intergénérationnelle à l’Es­pace Champbaillard de Ro­mainmôtier. Près de 100 person­nes y ont pris part, dont quelques enfants.

A quelqu’un qui lui demande si elle a besoin d’aide, «La p’tite Louise» répond, pince-sans-rire, en fronçant les sourcils: «Pas besoin, car je trotte comme un lièvre.» Toute sa vie, la végéta­rienne la plus célèbre de la Vallée a habité dans la même maison, à L’Orient. Elle n’a jamais été ma­riée, Louise. Jamais eu d’enfants. Mais, la solitude, elle ne connaît pas. Comment pourrait-il en être autrement, quand on a «plus de 100 parents à la Vallée» et «en­seigné à plus de 200 enfants pendant vingt ans»?

Des retrouvailles

Voilà qu’arrive Edith, 99 ans. «Louise, lance-t-elle, je suis sûre que tu es encore en train de dire des bêtises.» Eclats de rire. Em­brassades… «Elle a enseigné à mes enfants», rappelle Edith, une des premières Vaudoises à être monitrice d’auto-école dans les années 1950. Veuve depuis 1954, Edith a dû élever seule ses deux enfants et ne s’est jamais remariée. «On n’aime qu’une fois. La vie, ajoute la Combière bientôt centenaire, ne peut pas être faite que de bonheur. Mais ça ne sert à rien de pleurnicher.» Les «bibliothèques» dont par­lait l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ sont là. Vivantes, épatantes et rayonnantes.

A. P. N.

 

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