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Avant la première du spectacle Adélaïde et le prieur à Romainmôtier - Les protagonistes ont passé "à confesse" PDF Imprimer Email
TUESDAY, 22 OCTOBER 2002 02:27
Nord Vaudois, 10 août 2000 - Pi. B.

À Romainmôtier, les répétitions se suivent à un rythme soutenu avant la première du spectacle Adélaïde et le prieur qui sera donnée dans le cadre des manifestations du 1OOOe anniversaire de l'abbatiale. L'auteur, le compositeur et les comédiens des rôles-titres ont accepté de " passer à confesse ". Morceaux choisis.

Dans la bonne humeur, avec sérieux et assiduité, quatre répétitions pour le week-end, se peaufine le spectacle. On soigne les détails, on ajuste les réglages pour les décors et l'éclairage. Incontestablement, tout sera prêt à la maison des moines pour la première qui aura lieu demain vendredi à 20h30.

Jean Chollet, auteur et metteur en scène, confie avoir été séduit par la possibilité de créer un spectacle dans ce site exceptionnel qu'est Romainmôtier. "Après le coup de fil de Paul-Émile Schwitzguébel, le pasteur, mon condisciple à la Faculté de théologie, j'ai été conquis par les gens, le courant a tout de suite passé avec le couple Gaudard, cheville ouvrière des festivités du 1OOOe", explique-t-il. "Une fresque historique pure, cela est ennuyeux. Une fiction permet de partir de l'Histoire et au travers des personnages emblématiques, il devient possible de raconter une histoire ".

À ce titre Adélaïde et le prieur sont exemplaires. Adélaïde est le prototype de la femme de classe, qui a des moyens et les confie à un ordre monastique dans l'espoir d'acheter son salut. Partager avec les moines la récompense de leurs sacrifices, parce qu'elle sait pertinemment qu'il lui est impossible de se détacher des joies de ce monde. À l'opposé, le prieur, homme de Dieu, a réussi à prendre du recul par rapport aux choses de la vie. Il sait la destinée de l'homme semblable à la feuille d'un arbre, qui ne fait que passer.

"Par le biais de ces deux personnages, j'ai pu aborder un thème qui me titillait depuis longtemps les rapports entre mécènes et artistes. Pour le mécène, il est souvent frustrant de n'être qu'un porte-monnaie, cela débouche parfois sur des situations conflictuelles. Ce défi m'intéressait aussi par l'essai d'englober beaucoup de gens dans le spectacle sans pour autant surcharger la scène. J'essaie de ne pas tomber dans le piège de l'esthétisme, pour donner la primauté à l'histoire en distillant une pointe d'humour. J'ai laissé mûrir le projet pendant un an, pour I5 jours d'écriture. J'apprécie garder la souplesse de l'écoute, ce qui m'amène à modifier certaines scènes. J'aime les choses bien fondues. Dans tous mes spectacles, je travaille avec des acteurs que je connais bien, comme Nicolas Rinuy et je cherche à offrir leur chance à de jeunes comédiens, c'est le cas d'Evelyne Bouvier", précise encore Jean Chollet.

Un vieux rêve

Nicolas Rinuy réalise un vieux rêve en interprétant le rôle du prieur : "J'aime la rigueur et l'austérité d'un personnage ecclésiastique, elles sont un contrepoint à l'existence. Ce qui n'empêche pas le rôle de dégager un aspect chaleureux. Jouer avec les amateurs, c'est très agréable. Ils sont souvent justes. Jean-Daniel Bonzon dans le rôle du paysan est admirable. Jean Chollet a fait la même remarque. Le texte est plaisant, il est facile pour un comédien d'entrer dedans. Le style est plus léger que celui d'un Claudel ou d'un Bernanos. La musique nous met en condition et crée une atmosphère de recueillement."

Évelyne Bouvier travaille pour la première fois avec autant de monde : "Chacun amène son petit caillou à l'édifice, c'est une expérience très chouette. J'aime le côté enfant et naïf du personnage. L'idée qu'a Adélaïde de rendre service dégage une énergie positive. Pour l'instant, je ne suis pas préoccupée par ce que je laisserai à la postérité, peut-être que ça changera quand j'aurai des enfants. Jouer le rôle d'une princesse est agréable, d'autant plus que c'est la première fois que l'on me confie le rôle d'une femme de mon âge. L'intégration dans l'équipe s'est faite facilement. J'y ai rencontré une écoute et le respect. Jean sait très bien donner à chacun sa place."

Michel Baud, le compositeur, a été très intéressé par la recherche sur la musique grégorienne sur Internet et dans le missel de l'Eglise catholique : "J'ai écrit quatre nouvelles pièces. Pour les cinq autres, j'ai transcrit les chants écrits en neumes en notation moderne. J'ai consacré quinze jours de vacances à ce travail et j'éprouve un grand plaisir à entendre ma musique."

- Les représentations du spectacle auront lieu les 11, 12, 13, 17, 18, 20, 24, 25 et 26 août. Renseignements au 024/453 14 65.

Nord Vaudois

 
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