Les 24 Heures de Lecture se sont déroulées le week-end dernier et nous avons pu apprécier toute la finesse de l’intrigue et la profondeur du langage du Nom de la rose d’Umberto Eco.
Ceci dit, le roman se termine de manière assez intriguante par la citation en latin suivante :
Stat rosa pristina nomine, nomina nuda tenemus
Si, comme moi, vous n’êtes pas latiniste, vous vous êtes certainement posé la question de savoir quelle était la signification de cette phrase.
Je me suis tourné vers mon outil de recherche préféré et j’ai trouvé dans un forum de latinistes une longue discussion sur la traduction de cette phrase.
Une traduction littérale proposée est :
Il était autrefois quelque chose nommé « rose », il ne nous en reste plus que le(s) nom(s) pur(s)
Maintenant, on comprend tous les mots, mais le sens reste assez confus (note: pour une analyse plus fouillée, je vous conseille la lecture de ce post).
J’ai donc poussé la recherche plus loin, et je suis finalement tombé sur un extrait d’interview (en anglais) donné par Umberto Eco qui disait ceci :
« Depuis la publication du Nom de la rose, j’ai reçu nombre de lettres de lecteurs qui veulent connaître la signification de la phrase finale, et pourquoi cette phrase a inspiré le titre du livre. Je réponds que le vers provient de De contemptu mundi de Bernard de Morlay, un Bénédictin du douzième siècle, dont le poème est une variation sur le thème ubi sunt (thème repris avec le poème de Villon Mais où sont les neiges d’antan). Mais à la rengaine habituelle (la beauté des temps passés, la grandeur révolue des cités, les belles princesses: tout disparaît dans le néant), Bernard ajoute que toute ces choses disparues laissent (seulement ou au moins) des noms purs derrière eux. Je me souviens qu’Abelard utilisait l’exemple de la phrase Nulla rosa pour montrer que le langage peut parler à la fois du non-existant et du détruit. Ceci dit, je laisse le lecteur à ses propres conclusions. »